25.09.2008

Congrès du PS - Pourquoi Gaëtan Gorce rejoint la motion Royal

LCI.fr - Silencieux jusqu'alors, quel est finalement votre choix parmi les six motions en présence pour le Congrès de Reims ?

Gaëtan Gorce : Ma préférence aurait été d'aller jusqu'au bout d'une démarche que notre contribution avait formalisé. Malheureusement, beaucoup de ceux qui souhaitent la rénovation du parti n'ont pas réussi à s'entendre directement et ont choisi de suivre d'autres  chemins. Donc je rejoins la motion qui est la plus proche des convictions que je défends depuis 18 mois, c'est-à-dire la motion de Ségolène Royal, de Gérard Collomb, de Manuel Valls et de Vincent Peillon.

LCI.fr - Qu'est-ce qui motive vraiment ce choix ?

C'est la motion qui est la plus proche de la volonté de renouvellement, un renouvellement générationnel, politique et démocratique dont le PS a besoin aujourd'hui. Je ne peux pas me retrouver dans une démarche soutenue par celles et ceux qui portent la responsabilité de la situation dans laquelle se trouve notre parti.

Deux choses sont importantes aujourd'hui : que le PS assure sa mutation à la fois idéologique et organisationnelle. Sur le plan idéologique, il ne s'agit pas de ne plus être un parti de gauche mais de devenir  le parti de la gauche d'aujourd'hui. Il y a dans le parti des hommes et des femmes qui vivent dans la nostalgie des années 70 et 80, c'est respectable mais ce n'est pas de cette façon que l'on pourra préparer l'avenir.

Sur le plan organisationnel, il est clair que le parti d'Epinay a vécu. Nous avons besoin de fonctionner différemment. Par ailleurs, faisons un constat : le PS ne peut compter aujourd'hui que sur ses propres forces. Il n'a pas d'alliés à droite et au centre possibles, et d'ailleurs il ne les recherche pas. Il n'a pas non plus d'alliés vers la gauche qui permettent de constituer une force politique réelle, hormis des alliances électorales. Fondamentalement, c'est du PS que doit venir une régénération qui permettra l'alternative à Nicolas sarkozy.

LCI.fr - Mais Vincent Peillon a proposé dernièrement un contrat de gouvernement avec François Bayrou...

Dans la motion, les choses sont dites de manière à lever toute ambiguïté. Il ne doit y avoir de la part du "PS nouveau" aucun sectarisme. Il doit être prêt à travailler avec tous ceux qui veulent préparer l'alternative à la droite. Mais précisons les choses : ce ne sont pas des accords d'appareils qui permettront de préparer l'avenir, c'est une double modernisation.

Une modernisation du projet politique que l'on n'a pas à concéder à qui que ce soit, et encore moins au centre. Et puis une modernisation du parti qui doit se montrer plus ouvert et plus démocratique. Ainsi, il pourra accueillir beaucoup plus de personnes qui, sans être forcément socialistes, pourront se retrouver pour construire quelque chose de nouveau. Mais j'exprime là ma conviction personnelle car si je rejoins cette motion, c'est en gardant ma totale liberté d'expression et d'opinion.

LCI.fr - Ségolène Royal doit-elle in fine prendre la tête du parti ?

On ne peut pas préjuger de ce que sera la situation dans quelques semaines. La question est la suivante : quelle sera la motion qui va arriver en tête ?  De deux choses l'une : ou bien une motion remporte la majorité absolue et la logique est que son ou sa candidate devienne premier secrétaire. Ce serait une bonne surprise.  

Ou bien aucune motion ne remporte la majorité absolue, alors il ne faut pas d'alliance autour d'une synthèse dont François Hollande s'est fait le spécialiste. C'est autour du premier secrétaire choisi par les militants que devra s'organiser la majorité du parti. Ce sont les militants qui doivent garder la maîtrise des choses à chaque étape, sinon ce serait un scandale.

LCI.fr - Certains amis du maire de Paris auraient aimé avoir votre soutien. Que pensez-vous de sa motion ?

J'ai beaucoup d'estime et de sympathie pour Bertrand Delanoë. Il aurait été d'ailleurs souhaitable que lui et Ségolène Royal s'entendent car leur ligne politique est assez proche. Si l'un et l'autre reportaient à plus tard le choix du candidat à la présidentielle, ce serait une base de compromis futur possible.

Mais si je n'ai pas rejoint la motion de Bertrand Delanoë, c'est que je ne peux pas me retrouver sur la même motion que la direction actuelle du PS dont je combats la stratégie depuis 18 mois car elle empêche la rénovation. .

LCI.fr - Regrettez-vous le choix de Pierre Moscovici ?

L'opinion ne comprend pas que Pierre Moscovici et d'autres aient donné le sentiment de privilégier la négociation interne à une ligne politique claire. Dans le débat politique, il faut marquer clairement des positions et s'y tenir, quelles que soient les conséquences à court terme. Le PS a besoin d'un débat franc et ouvert et non pas de choix tactiques.

L'idéal aurait été qu'autour de Pierre Moscovici puisse se fédérer tous ceux qui incarnent la relève. Cela n'a pas été possible. Donc je crois que la plupart d'entre eux sont plutôt maintenant du côté de Ségolène Royal.  On y retrouve de nombreux jeunes parlementaires et d'autres qui peuvent présenter une relève car ils n'ont pas occupé de poste de responsabilité jusque là.

Ségolène Royal veut incarner une démarche politique plutôt qu'une démarche de soutien à  telle ou telle personnalité.  Quand je vois les arrangements qui s'opèrent ici et là, je continue à penser qu'aujourd'hui, elle est la seule qui s'exprime d'une manière claire et nette. Elle le fait sans concession donc elle reste une valeur forte pour le PS.

30.07.2008

Gaëtan Gorce interviewé par Libération

«La seule préoccupation des dirigeants du PS est d’en garder le contrôle»
 
 
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Interview de Gaëtan Gorce, député socialiste.
Recueilli par FRANÇOIS WENZ-DUMAS - article paru le vendredi 25 juillet 2008

Règlement de comptes au PS : Gaëtan Gorce, député de la Nièvre, a été démis de ses fonctions de vice-président du groupe socialiste par Jean-Marc Ayrault. Il avait cosigné, avec Jean-Marie Le Guen, Manuel Valls et Christophe Caresche, une tribune dans le Monde dénonçant l’«anti-sarkozysme pavlovien» dont aurait fait preuve la direction du Parti socialiste en refusant la réforme constitutionnelle. Dans une lettre à Jean-Marc Ayrault, chef de file des députés PS, il reproche aux dirigeants leur «logique d’opposition frontale» à Nicolas Sarkozy.

Dans votre lettre au président du groupe socialiste, vous parlez de «délit d’opinion». N’est-ce pas un peu exagéré ?

Même pas. J’ai toujours respecté la discipline de vote, y compris pour la réforme constitutionnelle alors que je pense que la stratégie d’opposition frontale était une erreur. Chaque fois que l’on m’a demandé de monter au front, je l’ai fait. La seule chose que l’on peut me reprocher est ma liberté de parole. Arnaud Montebourg et Philippe Martin, qui étaient premier et deuxième vice-présidents, ont été rétrogradés pour s’être opposés à Jean-Marc Ayrault. Moi, on m’a carrément retiré ma vice-présidence, sans même me prévenir. Tout cela n’a pas beaucoup d’importance. Ce qui est dramatique, c’est que le Parti socialiste est devenu un système qui fonctionne sur lui-même. Il réagit quand il est attaqué et la seule préoccupation de ses dirigeants est d’en garder le contrôle. Le PS vient de perdre en un an 60 000 adhérents, soit le tiers de ses effectifs, et on fait comme si de rien n’était. Il est vrai, comme disait l’ancien président du conseil Henri Queuille, que la politique ce n’est pas l’art de résoudre les problèmes mais de faire taire ceux qui les posent.

On ne peut pas vous faire taire : vous avez déposé une contribution pour le congrès de Reims…

Aujourd’hui au PS, vous n’existez que si vous pouvez apporter des voix à l’une ou l’autre écurie. Il faut changer ce système. J’ai espéré que la nouvelle génération pourrait se rassembler et le bousculer. Mais, disait Gramsci, le vieux ne veut pas disparaître et le nouveau ne peut pas apparaître. L’establishment du parti a trop intérêt à sauvegarder le système pour préserver son pouvoir. Nous sommes en train de devenir une forteresse assiégée, comme l’était le Parti communiste dans les années 70. Je ne souhaite pas que le Parti socialiste connaisse le même destin.

Quel désaccord de fond avez-vous avec l’actuelle direction du PS ?

Sa stratégie est celle que définissait Pierre Dac : «Ni pour ni contre, bien au contraire.» Elle s’est enfermée dans une logique d’opposition frontale à la droite, ce que nous avons appelé avec Jean-Marie Le Guen, Manuel Valls et Christophe Caresche l’«antisarkozysme pavlovien». Sur la réforme constitutionnelle, on aurait pu avoir une opposition constructive puisque nous étions à l’origine de certaines dispositions. Mais non : la seule chose qui comptait était de mettre Sarkozy en difficulté, avec le résultat que l’on sait. Nous aurions quand même pu, après les élections de 2007, nous interroger sur l’efficacité de cette opposition frontale, que j’avais moi-même pratiquée en 2003 contre la réforme des retraites. Mais déjà à l’époque, cette stratégie permettait de masquer nos divisions, et le fait que nous n’étions pas capables de dire quelle réforme des retraites nous aurions fait. Et on continue. On envoie les députés ferrailler contre une loi qui finit par passer, sans se demander comment on aurait pu au moins l’infléchir. Aujourd’hui le PS a le discours creux de ceux qui se déclarent réformistes, sans avoir réfléchi au contenu des réformes qu’ils souhaitent.

29.07.2008

Gaëtan Gorce interviewé par France-Soir

PS - Gaëtan Gorce : “Le congrès de Reims va dans le mur”

Aurore Merchin, le mercredi 23 juillet 2008

Les « rénovateurs » Gaëtan Gorce, Manuel Valls, Christophe Caresche et le strauss-kahnien Jean-Marie Le Guen s’interrogent « sur la pertinence de la stratégie du Parti socialiste ». Trop tard ?

FRANCE-SOIR. Au lendemain de l’adoption de la réforme constitutionnelle, vous signez dans Le Monde une tribune virulente contre la direction du PS. Pourquoi pas la veille ?
GAËTAN GORCE.
La stratégie du PS a échoué. Au lieu de nous concentrer sur les véritables enjeux pour obtenir un compromis et élever le débat, on a nous a fait voter contre au motif de ne pas faire de cadeau à Nicolas Sarkozy. Nous aurions pourtant pu faire nôtres certaines propositions. Notre position étant minoritaire à l’intérieur du groupe, nous nous sommes inclinés et avons voté contre notre point de vue. Nous avons été disciplinés et loyaux jusqu’au bout, maintenant nous retrouvons notre liberté.

Jack Lang, qui a choisi à l’inverse de se déterminer en fonction du fond et non des combats politiciens, est vivement critiqué. Qu’en pensez-vous ?
Je n’approuve pas son choix mais je le respecte. Il est cohérent, mais il est dommage de se placer en marge du PS. Nous, nous préférons le rénover de l’intérieur.

Mais en dénonçant la « mauvaise foi » du PS, son « antisarkozysme pavlovien », son « attitude négative et stérile », vous vous marginalisez…
On peut nous caricaturer, ça m’est indifférent. Je ne suis dans aucun calcul, aucune tactique. Face à une direction incapable de faire un retour sur soi et de s’interroger, il est de mon devoir de dénoncer en permanence ses faiblesses. Son hégémonie et son conservatisme sont symétriques à l’attitude de Nicolas Sarkozy, qui en se comportant en chef de clan a, lui aussi, une responsabilité très forte.

Vous n’avez pas peur de devenir les socialistes préférés de la droite ?
La stratégie de Nicolas Sarkozy, son seul objectif est d’affaiblir l’opposition et de détruire ses adversaires. Il n’a pas intérêt à la rénovation du PS. C’est donc logique que la majorité s’accapare notre initiative pour la disqualifier. Mais nous ne nous sommes jamais laissé instrumentaliser.

Vous proposez de « moderniser le clivage droite-gauche ». Comment ?
Ce clivage est toujours pertinent. S’il était factice sur les institutions, il reste d’actualité en ce qui concerne l’égalité des chances, la justice sociale et fiscale, la politique internationale. Mais il nous faut le réactualiser. Penser que la droite privilégie la réussite individuelle et la gauche le collectif est caricatural. L’individu n’est pas l’ennemi de la solidarité, à nous de démontrer que seuls des services publics réformés sont de nature à l’émanciper.

Le congrès de Reims approche. Sur quoi va-t-il selon vous déboucher ?
Il va dans le mur. Je me force à être pessimiste pour avoir de bonnes surprises, mais nous sommes prisonniers d’un système dit « des éléphants » et de la proportionnelle qu’une génération maintient pour conserver les responsabilités. S’il est conflictuel, ce sera la catastrophe ; s’il est consensuel, on évitera les sujets qui fâchent. Face à une opinion publique de gauche désespérée, combien de temps supportera-t-on encore les errements du PS ?

[Edition France Soir du mercredi 23 juillet 2008 n°19856 page 4]

04.07.2008

Le PS en quête de refondation intellectuelle

Le Monde - 4 juillet 2008

La plume acérée, le verbe efficace, Louis Gautier ne supporte plus "l'esprit boiteux" de la gauche. "Elle est depuis longtemps devenue réformiste, mais elle distille encore des évocations de Grand Soir", écrit ce conseiller à la Cour des comptes, qui est délégué national du Parti socialiste aux questions de défense. La matrice du congrès d'Epinay (1971) est "définitivement brisée". Plutôt que d'attendre un "retour mécanique du balancier", la remettant au pouvoir en 2012, la gauche doit déjouer le pari de Nicolas Sarkozy, qui escompte que, "durablement affaiblie et sans ressort idéologique", elle restera minoritaire. Il lui faut donc faire table rase.

Table rase, Y a-t-il encore des idées de gauche ? est une critique sévère. Cette prodution de Louis Gautier dessine un univers sombre pour un PS en quête de rénovation et de leader. Mais son mérite est d'être roborative, stimulante et inventive. Le fil rouge de cet ancien conseiller de Lionel Jospin est qu'"on ne modifiera pas par des libelles les lois implacables de la mondialisation". Faute d'avoir entrepris le "travail de refondation politique et intellectuelle", au diapason de l'Europe, la gauche française "reste un chantier permanent".

Pour Louis Gautier, le mal, cet art de se dévaluer elle-même, vient du tréfonds de son histoire quand le socialisme "acceptait un réformisme de revendications et de protestation et pas un réformisme de gouvernement". Cela explique, à ses yeux, "le mépris d'une partie de la gauche pour la gestion des affaires publiques, l'intendance de la société. Comme si le bon entretien de la machinerie économique, sociale et administrative du pays n'était pas la condition de réformes réussies".

L'auteur revient sur les défaites présidentielles de 2002 et de 2007 et son analyse va bien au-delà d'une première formule lapidaire : "2002, leadership du candidat et indiscipline des électeurs, 2007, discipline des électeurs sans leadership du candidat." Louis Gautier décortique la campagne de Ségolène Royal - "conte de fées médiatique" qui se transforme "en ratage politique" -, fait la part des critiques fondées et des procès injustes. "Si l'échec de Ségolène Royal lui est en partie imputable, souligne-t-il, convenons de bonne foi que personne d'autre à sa place n'aurait pu faire mieux." Si sa défaite "est l'aboutissement d'une aventure trop personnelle, elle sanctionne surtout l'immobilisme idéologique et les divisions du PS".

Partant du constat que le PS souffre d'un encéphalogramme plat, Louis Gautier l'invite à "un vigoureux sursaut intellectuel", ce qui suppose de "redonner parole et responsabilités" aux intellectuels et aux experts dont il fait partie... Car, assène-t-il, "la gauche se piège quand elle adopte l'attitude de la droite sur les valeurs ou quand elle se livre à des surenchères démagogiques". Plutôt que de s'égarer, "comme un soldat en déroute, dans un territoire ennemi", il lui faut, selon ce spécialiste de la défense, remonter "à l'assaut avec des armes fourbies".

Louis Gautier croit qu'il y a une gauche et une droite. Il revient à la gauche, écrit-il, "d'affirmer haut et fort que, pour elle, les principes l'emportent sur les valeurs, le choix des hommes sur la loi des dieux, les droits de l'humanité sur la compétition des nations, la liberté des individus sur les garanties de sécurité, la démocratie sur la loi du marché et l'égalité sur l'équité". Ses éléments de fondation pour une gauche future ressemblent presque à un programme politique livré clés en main à un parti en panne. La réflexion, nourrie de formules bien ciselées et empreinte d'une belle érudition, ne laisse de côté aucun sujet. D'abord philosophique et idéologique, jamais dogmatique, elle est en fait un discours de la méthode pour un PS qui n'hésiterait plus à se remettre en cause et à bousculer ses tabous pour enfin se rénover.


TABLE RASE. Y A-T-IL ENCORE DES IDÉES DE GAUCHE ? de Louis Gautier. Flammarion, 396 pages, 22 €.
Michel Noblecourt

03.07.2008

Dépêche AFP

Congrès du PS : les 21 contributions déposées

AFP - 3 juillet 2008

Voici la liste des 21 contributions déposées mercredi lors du Conseil national (CN) du PS destiné à enregistrer ces textes, écrits et défendus par des responsables socialistes en vue du Congrès de Reims en novembre:

- "Réussir ensemble le congrès du Parti socialiste". Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes

- "Une vision pour espérer, une volonté pour transformer". Martine Aubry. Avec Pierre Mauroy, Jack Lang, les présidents des régions Nord-Pas-de-Calais et Centre, du conseil général du Nord, Adeline Hazan, maire de Reims, des patrons des fédérations du Nord, Pas-de-Calais, Hauts-de-Seine

- "Clarté, courage, créativité". Bertrand Delanoë, maire de Paris, 7 premiers fédéraux, 8 présidents de Conseils généraux, 25 députés, 10 députés européens, 16 sénateurs...

- "Debout la gauche!". Marc Dolez, député du Nord, avec le réseau Forces militantes

- "Reconquêtes". Le député Henri Emmanuelli et l'eurodéputé Hervé Hamon, avec le courant NPS.

- "Reconstruire à gauche". L'ancien Premier ministre Laurent Fabius, soutenu notamment par le président de la commission des Finances de l'Assemblée Didier Migaud

- "D'abord redistribuer les richesses". Gérard Filoche, membre du CN

- "Et si le parti restait socialiste?", Jacques Fleury, membre du CN

- "Aux militants". Le député rénovateur, Gaëtan Gorce, défendu par Louis Gautier, délégué national PS

- "La ligne claire". Jean-Noël Guérini, président du Conseil général des Bouches-du-Rhône et Gérard Collomb, maire de Lyon. Avec Manuel Valls, député (Essonne), Vincent Feltesse (communauté urbaine de Bordeaux)

- "Donner une cohérence à la gauche et un espoir à la France". François Hollande, premier secrétaire, avec André Vallini, Bruno Le Roux, Michel Sapin, Jean-Pierre Bel

- "Pour le socialisme du XXIème siècle". Pascal Jacquemin, premier fédéral de Meurthe-et-Moselle

- "Urgence sociale". Pierre Larrouturou

- "Brèves de campagne". La députée Marylise Lebranchu.

- "Unité et refondation". Frédéric Leveillé, premier fédéral de l'Orne

- "Changer". L'eurodéputée Marie-Noëlle Lienemann et l'ancien ministre Paul Quilès. Avec Jean Mallot député (Allier), Anne Ferreira, eurodéputée.

- "Réinventer la gauche". Jean-Louis Mélenchon, sénateur, et "les membres de Trait d'Union"

- "Besoin de gauche". Les députés Pierre Moscovici, Arnaud Montebourg, Jean-Christophe Cambadélis, avec plus de 35 parlementaires, 35 membres du Conseil national, 12 premiers fédéraux, 8 présidents de conseils généraux, 2 présidents de région, près de 2.000 signataires

- "Combattre et proposer". Ségolène Royal, présidente de Poitou-Charentes avec 30 parlementaires, 23 Premiers fédéraux, 2 présidents de Région (Lorraine, Rhône-Alpes), deux présidents du Conseil général (Finistère, Lot)

- "Pour un socialisme écologique". Géraud Guibert, avec la sénatrice Nicole Bricq, le député Christophe Caresche

-"Socialistes, altermondialistes, écologistes". le courant Utopia et Franck Pupunat

02.07.2008

Revue de presse

Au PS, le débat d'idées peine à émerger malgré les nombreuses contributions

LE MONDE | 02.07.08 | 14h33

Les adhérents du Parti socialiste ne manqueront pas de lecture pour l'été. Le Conseil national, mercredi 2 juillet, devait enregistrer le dépôt de quinze à vingt contributions générales. Sachant que chaque texte peut atteindre 97 000 signes et qu'en général leurs auteurs mettent un point d'honneur à y parvenir, c'est un volumineux courrier que les socialistes vont recevoir à leur domicile. Revue des nombreuses confluences et des quelques zones d'ombre.

LES ACCORDS


L'état du PS. Le PS va mal et chacun le dit à sa manière. "Nous n'avons plus des courants, mais des clans où les complicités d'hier se transforment souvent en rancoeurs et haines tenaces" (texte de Gérard Collomb, maire de Lyon, et Jean-Noël Guérini, président du conseil général des Bouches-du-Rhône). "Nous continuons à offrir le visage de la division et des ambitions personnelles" (Martine Aubry, maire de Lille). "La France va mal, elle a besoin de nous, elle nous attend, elle nous appelle, elle nous cherche, mais elle ne nous trouve pas, elle ne nous reconnaît pas, elle ne nous comprend pas" (Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes). "Depuis trop longtemps, le PS est géré par cooptation à travers des arrangements conclus entre des chefs de courant et de grandes baronnies locales, au détriment de la clarté et du courage politique" (Gaëtan Gorce, député de la Nièvre).

L'écologie. Pas une contribution qui, dans le sillage de la nouvelle déclaration de principes, ne mette en exergue, avec plus ou moins de lyrisme et à grand renfort de données statistiques, "l'urgence environnementale" et ne plaide pour le développement durable. La contribution du nouveau " pôle écologique" du PS se distingue en refusant toute baisse de la fiscalité pétrolière, en préconisant l'abandon de la filière des réacteurs nucléaires EPR de troisième génération et de certains projets d'autoroutes. Fiscalité et politique économique. La fusion de la CSG et de l'impôt sur le revenu fait consensus, de même que la suppression des "niches fiscales". Mme Royal souhaite généraliser le prélèvement à la source et "prélever l'impôt sur le revenu au niveau de l'individu et non du couple, pour ne pas pénaliser l'activité des femmes". Pour favoriser l'emploi, le calcul des cotisations à partir de la valeur ajoutée, et non des salaires, est aussi largement proposé. De même que le fait de conditionner aides et exonérations de charges à la conclusion d'accords salariaux ou de les réserver aux PME exposées à la concurrence internationale.

LES CONVERGENCES


Réformer l'Etat-providence. L'unanimité est complète autour du concept de "Sécurité sociale professionnelle" afin de permettre notamment au salarié de se former tout au long de sa vie. Un accord général se dessine pour réorienter les dépenses publiques et combattre les inégalités à la source. Dans son texte, Mme Royal appelle de ses voeux à un "Etat préventif", Mme Aubry à un "Etat prévoyant", le maire de Paris, Bertrand Delanoë, à un "Etat social prévoyant" et Pierre Moscovici, pour les strauss-kahniens, à "un nouveau modèle d'Etat-providence". Plus réservé, le texte signé par Henri Emmanuelli et Benoit Hamon, coanimateurs du NPS, défend le principe d'un "Etat innovateur et régulateur". Jean-Luc Mélenchon, sénateur de l'Essonne, se singularise en réclamant l'abrogation de la réforme des retraites et le relèvement de l'impôt sur les sociétés. Quant au mouvement Utopia, présent au sein du PS et chez les Verts, il conteste la prééminence de "la valeur travail" et propose une nouvelle réduction du temps de travail.

Créer un fonds souverain. La contribution des fabiusiens, celle de MM. Emmanuelli et Hamon, et celle de M. Delanoë suggèrent la constitution d'un fonds souverain à travers la Caisse des dépôts. Sa mission : soutenir les PME, voire investir dans les pays émergents. Les alliances. Mme Royal entend "rassembler la gauche, toute la gauche" puis "attirer les démocrates", c'est-à-dire "tous ceux qui se reconnaîtront dans notre conception de la République et de la démocratie". Les fabiusiens ne disent pas autre chose : le "rassemblement de la gauche n'exclut pas de nous ouvrir à d'autres démocrates qui souhaiteraient (...) une autre majorité pour le pays". "Nous voulons faire partager (notre projet) par les autres formations politiques de progrès", note Mme Aubry, alors que le texte Collomb-Guérini revendique "des alliances dynamiques, nouvelles, novatrices". La contribution de M. Delanoë ne fait pas de cette question un casus belli mais presse "ceux qui se définissent aujourd'hui comme centristes de choisir leur chemin". Pas d'accord, M. Mélenchon exhorte les socialistes "à faire le choix clair de l'union des gauches sans exclusive", alors que le texte de Paul Quilès, ex-ministre, veut aller "vers l'unité organique de la gauche".

LES IMPASSES

L'Europe. Confrontés à la nouvelle panne de la construction européenne, les socialistes semblent perplexes. Sur ce sujet qui les a longtemps divisés, ils se contentent de se prononcer en faveur d'une "Europe des projets" plus concrète et souhaitent des coopérations renforcées. Les primaires. Comment désigner le candidat socialiste à l'élection présidentielle de 2012 ? Pour des raisons tactiques, les textes de Mme Royal, M. Delanoë et Mme Aubry éludent la question. Les strauss-kahniens proposent d'organiser au printemps 2011 des primaires ouvertes aux sympathisants. Un principe que MM. Collomb et Guérini veulent étendre aux candidats à la députation, aux municipales et régionales.

Jean-Michel Normand Article paru dans l'édition du 03.07.08

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Les contributions, ou le «haka» des ténors socialistes

LE FIGARO | 02/07/2008 | 19:23 


Le Conseil national s'est réuni mercredi soir pour enregistrer les contributions des leaders du parti, exercice obligé avant la recherche d'alliances pour le Congrès de Reims qui doit désigner le successeur de François Hollande.

Les experts les comparent au «haka» des All Blacks, danse guerrière destinée à impressionner l'adversaire avant le match. Les contributions, première étape de la préparation du Congrès de Reims en novembre, ont été déposées mercredi soir dans un grand hôtel parisien. Un «grand cérémonial», dixit Pierre Moscovici, qui sert à faire valoir des idées et à réunir ses premiers soutiens.

Présidentiables, chefs de courants, barons locaux ont donc pris la plume, publiant au total 21 contributions générales (contre 18 au Mans en 2005), avançant analyses et propositions, mais aussi alignant les signatures de leurs soutiens respectifs comme pour montrer leur poids. Les textes ont été présentés durant cinq heures, théoriquement par leurs chefs de file, à l'exception de Ségolène Royal, qui était à Québec pour le 400e anniversaire de la fondation de la ville. Ils ne donneront pas lieu à un vote des militants mais pourront servir de base à des rapprochements en vue de futures motions pour le Congrès.

L'enjeu de ce Congrès est de taille, rappelle Bertrand Delanoë : «c'est la première fois depuis le Congrès d'Epinay» de 1971 que les socialistes «ont à définir dans un même mouvement une orientation, un projet, une stratégie politique d'alliances, une direction et un leadership». A la lecture de ces documents, de nombreuses convergences apparaissent. Déjà, les socialistes partagent sans surprise la même analyse du sarkozysme, «bonapartisme saugrenu au conservatisme agressif» (dans la contribution de Bertrand Delanoë), «mélange inquiétant de Silvio Berlusconi et de Doc Gyneco, avec une montre de 50.000 euros au poignet» ( Ségolène Royal ), «monocratie» (Laurent Fabius).

Hollande : «Gagner enfin en 2012»


Dans un bel ensemble, ils dénoncent la mainmise du capitalisme financier et revendiquent «les valeurs historiques du socialisme» (Martine Aubry). Si le mot est encore largement tabou chez les socialistes, la plupart d'entre eux sont sociaux-démocrates. L'inoxydable Jean-Luc Mélenchon se distingue en affichant sa volonté d'«empêcher la mutation définitive du PS en parti démocrate». L'aile gauche du parti présente d'ailleurs plusieurs textes, via Henri Emmanuelli et Benoît Hamon, Paul Quilès et Marie-Noëlle Lienemann, ou encore l'édile du Nord Marc Dolez.

De son côté, Pierre Moscovici représente le pôle des reconstructeurs (avec Arnaud Montebourg et Jean-Christophe Cambadélis) qui plaide pour une ligne clairement réformiste, de même que les barons locaux Gérard Collomb et Jean-Noël Guérini, avec l'appui discret de Manuel Valls, ou encore Jean-Marc Ayrault. Le maire de Nantes, président du groupe PS à l'Assemblée nationale, et des socialistes des Pays-de-la-Loire «refusent» tous de choisir un candidat pour 2012 estimant qu'aucune personnalité ne s'impose naturellement.

Plus isolés, le rénovateur Gaëtan Gorce, l'ex-ministre de la Justice Marylise Lebranchu (toutefois proche de Martine Aubry), le pôle écologique du PS (avec notamment Géraud Guibert, responsable national du PS chargé de l'écologie) et le petit courant altermondialiste Utopia veulent eux aussi exister à travers leur contribution générale. Ambition similaire pour des membres du Conseil national du PS, comme Gérard Filoche et Jacques Fleury, le premier fédéral de Meurthe-et-Moselle Pascal Jacquemin et celui de l'Orne Frédéric Leveillé, mais aussi Pierre Larrouturou, avec sa contribution appelée «Urgence sociale».

François Hollande ? Le Premier secrétaire sortant, qui entend bien peser sur le Congrès, a attendu l'expiration du délai pour publier sa contribution, déjà signée par Julien Dray. Dans ce texte intitulé «Donner une cohérence à la gauche et un espoir à la France», le numéro un du PS propose de fédérer la gauche pour choisir un candidat commun au premier tour de la présidentielle et «gagner enfin en 2012».


Samuel Potier

Mercredi 2 juillet

Gaëtan Gorce sur LCI de 11h à 12h et sur LCP de 13h à 13h15.

Louis Gautier sur BFM TV, de 12h30 à 13h00.


01.07.2008

Dans la presse...

LES ECHOS
 
Contribution de Gaëtan Gorce, pour rompre avec le système PS
1er juillet 2008

Le député PS rénovateur Gaëtan Gorce a rendu publique hier sa contribution pour le congrès de Reims et réclamé une « rupture » avec le mode de fonctionnement actuel du PS, perclus de « baronnies », plaidant pour la désignation d'un « leadership clair ». Pour lui, l'échec du PS vient des « arrangements entre les courants et les baronnies locales » et « si on ne déverrouille pas, on va finir comme la IVe République ». « Comment ce ballet absurde peut-il encore convaincre », s'interroge-t-il, en accusant les poids lourds du parti de mener « une bataille pour le pouvoir » dans la perspective de la présidentielle (lire page 2). « Aucune des contributions ne rompt avec le système en place au PS. » Gaëtan Gorce propose que « le premier secrétaire soit élu avant le congrès pour que sa légitimité ne doive rien aux courants et tout aux militants ».

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LA TRIBUNE

Pluie de contributions avant le congrès du PS
30 juin 2008

De Bertrand Delanoë à Ségolène Royal, en passant par Henri Emmanuelli ou Pierre Moscovici, les principaux ténors socialistes ont présenté leur contribution, tout en affichant leurs soutiens.

A l'approche du congrès du PS, à l'automne, les candidats à la direction du parti ont multiplié les interventions ce week-end pour présenter leur contribution. La plus bruyante, Ségolène Royal, se voulant à la pointe du combat anti-gouvernemental, a transformé samedi la présentation de son texte en "premier grand rassemblement contre la politique" de Nicolas Sarkozy.

A Paris, devant plus d'un millier de militants survoltés scandant son prénom, l'ancienne candidate à la présidentielle a fustigé les projets du gouvernement, notamment "l'insupportable perspective" de la privatisation d'Areva et EDF, ou la réorganisation de l'audiovisuel public. Remerciant les "plus de 3.000" personnes "coauteurs de cette contribution" sur son site web, elle a appelé à un congrès "utile et serein" et décliné les sept "piliers" de son texte intitulé "combattre et proposer".

Le numéro deux du PS et maire de Dijon, François Rebsamen, a résumé les "quatre révolutions du texte": "mettre l'économie au service de l'homme, faire la révolution écologique, mettre en place un Etat préventif et la révolution démocratique jusqu'au bout". La contribution prône notamment une "révolution fiscale", avec prélèvement à la source et fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG ou encore la suppression des niches fiscales.

Se voulant rassembleuse et consensuelle pour le PS, Ségolène Royal a assuré: "vous n'entendrez de ma bouche aucune chose désagréable, polémique, aucune petite phrase. Je vois les choses, je les entends, je les subis". "J'ai beaucoup donné mais j'ai beaucoup reçu". Elle a d'ailleurs invité les membres du PS "à (la) rejoindre et à se rassembler. Ils seront les bienvenus le moment venu".

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a refusé dimanche de trop commenter la contribution de Ségolène Royal (tout en indiquant qu'il y manquait beaucoup de choses). Le favori des sondages, toujours non déclaré officiellement à la succession de François Hollande, a révélé le nom de sa contribution, dont les grandes lignes ont été présentées mercredi. Intitulée "clarté, créativité, courage", cette contribution de 20 pages a pour sous-titre "choisir maintenant pour agir demain", a-t-il fait savoir.

Bertrand Delanoë propose notamment que "la France atteigne un investissement dans la recherche correspondant à 3% du PIB". Pour cette proposition de "15 milliards d'euros par an", il suggère de supprimer "le paquet fiscal de Nicolas Sarkozy". Le maire de Paris a par ailleurs signalé qu'il mettrait ce lundi après-midi en ligne cette contribution sur son site Internet.

De leur côté, Benoit Hamon et Henri Emmanuelli ont appelé, samedi à la Sorbonne, au "rassemblement" de la gauche pour mener d'ici à 2012 "le combat" contre "tout le travail de casse du modèle social et des libertés mis en oeuvre par la droite" et pour "la reconquête du pouvoir". Dans un amphithéâtre comble, les deux chefs de file du Nouveau parti socialiste (NPS) ont présenté leur contribution pour "reprendre le terrain abandonné à la droite, et revenir sur le cycle le plus important, depuis longtemps, de régression sociale et démocratique", selon Benoît Hamon.

Citant la réduction du temps de travail, les retraites, le droit de grève, la rétention de sûreté, la "mise au pas des médias" et le retour dans le commandement intégré de l'OTAN "sans débat parlementaire", le jeune eurodéputé a fustigé la politique de Nicolas Sarkozy. "L'objectif n'est pas d'être à l'aile gauche du parti socialiste, l'objectif c'est que le parti socialiste reste un parti de gauche", a déclaré Henri Emmanuelli lors de cette réunion à laquelle participaient Laurent Fabius, Marylise Lebranchu et le politologue Emmanuel Todd.

Par ailleurs, les strauss-kahniens et les amis d'Arnaud Montebourg ont présenté dimanche à Paris leur contribution menée par Pierre Moscovici, qualifiée de "discours de la méthode" pour les prochaines échéances électorales. Le député du Doubs, candidat au poste de premier secrétaire, a voulu présenter un texte qui soit "une vraie force" pour "proposer un chemin pour gagner en 2012" en évitant trois "écueils": "présidentialisation du parti, (...) immobilisme et combinaisons". Cette contribution, intitulée "besoin de gauche", se veut un "premier rassemblement" et non un "catalogue". Elle n'est "pas le pré-programme d'un présidentiable", mais veut "proposer une cohérence", a-t-il souligné.

Pour le député Arnaud Montebourg, cette contribution est "la feuille de route de la mutation du parti socialiste". "C'est une manière de dire au moment où la gauche doit se reconstruire, car elle est en miettes, c'est un peu une honte que le PS ait pour seule réponse des luttes de pouvoirs et de personnes". "Nous voulons un contrat de gouvernance avec un plan de travail, des tâches extrêmement précises et non pas un vague blanc-seing pour une équipe", a déclaré le député Jean-Christophe Cambadélis, qui a qualifié le PS de "coordination de barons, et une coordination de barons ça ne fait pas un parti".

"Le PS est actuellement la meilleure machine pour désigner un candidat qui va perdre", a assuré Thierry Mandon, maire de Ris-Orangis, pour qui "nous sommes pour la primaire car elle permet de travailler pendant deux ans, sans positionnement tactique, sur le fond". La contribution est un "succès", a estimé Jean-Christophe Cambadélis, indiquant qu'elle avait été signée par "plus de 35 parlementaires, douze premiers fédéraux, huit présidents de conseils généraux, trois présidents de région, près de 2.000 signataires, plus de 40 signatures du Conseil national". Ont notamment signé le président francilien Jean-Paul Huchon, les députés Jean-Marie Le Guen, Marisol Touraine, François Pupponi, Gilbert Le Bris ou l'eurodéputé Catherine Trautmann.

Enfin, le député PS (rénovateur) de la Nièvre, Gaëtan Gorce, a rendu publique lundi sa contribution pour le congrès de Reims et réclamé une "rupture" avec le mode de fonctionnement actuel du PS, perclus de "baronnies", plaidant pour la désignation d'un "leadership clair". Alors que les autres contributeurs (une douzaine) se targuent du nombre de signatures en bas de leur texte, Gaëtan Gorce souligne que le sien est défendu seulement par Louis Gautier (délégué aux questions stratégiques).

Quant à Manuel Valls, rénovateur comme lui, il a préféré signer la contribution de Gérard Collomb (maire de Lyon) et Jean-Noël Guérini (président du conseil général des Bouches-du-Rhône). Ces derniers souhaitent faire entendre la voix des grands élus de province, notamment après leur victoire aux élections locales de mars, en rejetant les discussions d'appareil parisiennes.

DEPECHE AFP

Contribution de Gaëtan Gorce (rénovateur), pour rompre avec le système PS

30 juin 2008

 Le député PS rénovateur, Gaëtan Gorce, a rendu publique lundi sa contribution pour le Congrès de Reims et réclamé une "rupture" avec le mode de fonctionnement actuel du PS, perclus de "baronnies", plaidant pour la désignation d'un "leadership clair".

Alors que les autres contributeurs - une douzaine de contributions générales sont présentées - se targuent du nombre de signatures en bas de leur texte, Gaëtan Gorce souligne que le sien est défendu seulement par Louis Gautier (délégué aux questions stratégiques).

Quant à Manuel Valls, rénovateur comme lui, il a préféré signer la contribution de Gérard Collomb et Jean-Noël Guérini. "Manuel souhaite s'exprimer de manière à lui garantir des perspectives dans le parti", a estimé le député de la Nièvre.

Pour M. Gorce, l'échec du PS vient des "arrangements entre les courants et les baronnies locales" et "si on ne déverrouille pas on va finir comme la IVe République". "La façon dont se prépare ce Congrès ne peut que confirmer nos craintes", dit-il.

"Comment ce ballet absurde peut-il encore convaincre", s'interroge-t-il, en accusant les poids lourds du parti de mener "une bataille pour le pouvoir" dans la perspective de la présidentielle. "Aucune des contributions ne rompt avec le système en place au PS".

La solution, selon lui, passe par "une rupture avec le système", "ceux qui l'incarnent, et la manière dont ils le dirigent".

"Il faut d'abord nous doter d'un leadership clair", estime M. Gorce qui propose que "le premier secrétaire soit élu avant le Congrès pour que sa légitimité ne doive rien aux courants et tout aux militants".

Pour rompre avec les courants qui "ankylosent" le parti il propose aussi d'en finir avec "la règle de la proportionnelle" pour la désignation de la direction.

Se prévalant d'une "approche mendésiste", il estime par ailleurs que le PS ne doit pas se réfugier dans "l'opposition systématique", "retrouver la logique de l'intérêt général" et faire des contre-propositions.

 

28.06.2008

La campagne interne au PS met en lumière l'isolement de Ségolène Royal

FRANCE

Alors que le combat pour la direction du parti se durcit, l'ex-candidate à la présidentielle fait l'unanimité contre elle.

Sylvain Besson, Paris
Samedi 28 juin 2008


Ségolène Royal est au pied du mur. Ce samedi, l'ex-candidate à la présidentielle présente un texte définissant sa ligne politique en vue du congrès qui désignera le nouveau leader du Parti socialiste, en novembre prochain. Le 8 juillet, elle sortira, en collaboration avec le grand sociologue Alain Touraine, un livre destiné à donner substance et sérieux à sa démarche*. Cette séquence ressemble fort à l'offensive de la dernière chance, tant Ségolène Royal paraît isolée au sein de son parti.

Mauvais sondages

Depuis quelques jours, en effet, ses rivaux multiplient les amabilités les uns envers les autres. Bertrand Delanoë, le maire de Paris, aimerait travailler avec Martine Aubry, la maire de Lille, et François Hollande, le premier secrétaire actuel, qui quittera son poste en novembre. Martine Aubry se sent soudain proche de Laurent Fabius, postulant malheureux à la candidature présidentielle en 2006. Mais personne ne tend la main à Ségolène Royal.

Bien sûr, chacun assure que l'ancienne candidate sera bienvenue le jour où un large rassemblement se dessinera entre les dirigeants socialistes. Mais cela est dit avec un tel manque de chaleur, des mines si fermées et des phrases si convenues («tous les socialistes ont un rôle à jouer») que l'isolement de la présidente du Poitou-Charentes n'en est que plus grand.

Et puis, il y a les sondages. Ils ne sont pas bons: une enquête récente montre que Ségolène Royal est distancée, dans le rôle de meilleur opposant à Nicolas Sarkozy, par Olivier Besancenot, le champion de la gauche radicale, et aussi par son concurrent direct, Bertrand Delanoë.

Mais Ségolène Royal ne s'avoue pas vaincue. Dans son livre, elle dit préférer une «bonne querelle» et un «vrai débat, aussi tendu soit-il», à un consensus mou qui se ferait à ses dépens. L'une de ses proches, la députée Delphine Batho, voit derrière les manœuvres de ses rivaux la «mécanique du vieux Parti socialiste» et sa tendance à «reproduire des alliances de bric et de broc». «Attention, dit-elle, à ne pas faire un congrès en hibernation, avec des socialistes tournés vers eux-mêmes et leurs petits problèmes.»

Reste que la dynamique n'est pas, ou n'est plus, du côté de Ségolène Royal. Nombre de barons régionaux qui l'avaient soutenue durant la campagne présidentielle l'ont abandonnée. «Je connais beaucoup de gens qui se sentaient en phase avec elle et qui ont pris leurs distances, explique un proche de Martine Aubry. Et je ne connais personne qui se serait rapproché d'elle après avoir été éloigné.»

Louis Gautier, cadre socialiste et auteur d'un livre sur la crise idéologique de la gauche**, pense que Ségolène Royal a loupé le coche en ne tentant pas de s'emparer du PS tout de suite après l'élection présidentielle: «Elle a perdu l'allant qu'elle avait au départ, estime-t-il. Il faut toujours battre le fer pendant qu'il est chaud.»

L'ultime espoir de l'ex-candidate, ce sont les militants. Depuis un an, ils ont déserté en masse le parti, dont les effectifs sont passés d'environ 230000 à 161000 membres. Si Ségolène Royal parvient à les remobiliser, surtout les jeunes, elle peut encore ranimer l'élan qui lui avait permis de remporter la course à l'investiture présidentielle en 2006. Dans tous les cas, avertit Louis Gautier, elle ne se laissera pas écarter sans lutter: «On ne se débarrassera pas d'elle sans un combat à la loyale.»

* Si la gauche veut des idées, Ségolène Royal et Alain Touraine, chez Grasset.

** Table rase, Y a-t-il encore des idées de gauche?, Louis Gautier, Paris, Flammarion, 2008.