25.09.2008

Congrès du PS - Pourquoi Gaëtan Gorce rejoint la motion Royal

LCI.fr - Silencieux jusqu'alors, quel est finalement votre choix parmi les six motions en présence pour le Congrès de Reims ?

Gaëtan Gorce : Ma préférence aurait été d'aller jusqu'au bout d'une démarche que notre contribution avait formalisé. Malheureusement, beaucoup de ceux qui souhaitent la rénovation du parti n'ont pas réussi à s'entendre directement et ont choisi de suivre d'autres  chemins. Donc je rejoins la motion qui est la plus proche des convictions que je défends depuis 18 mois, c'est-à-dire la motion de Ségolène Royal, de Gérard Collomb, de Manuel Valls et de Vincent Peillon.

LCI.fr - Qu'est-ce qui motive vraiment ce choix ?

C'est la motion qui est la plus proche de la volonté de renouvellement, un renouvellement générationnel, politique et démocratique dont le PS a besoin aujourd'hui. Je ne peux pas me retrouver dans une démarche soutenue par celles et ceux qui portent la responsabilité de la situation dans laquelle se trouve notre parti.

Deux choses sont importantes aujourd'hui : que le PS assure sa mutation à la fois idéologique et organisationnelle. Sur le plan idéologique, il ne s'agit pas de ne plus être un parti de gauche mais de devenir  le parti de la gauche d'aujourd'hui. Il y a dans le parti des hommes et des femmes qui vivent dans la nostalgie des années 70 et 80, c'est respectable mais ce n'est pas de cette façon que l'on pourra préparer l'avenir.

Sur le plan organisationnel, il est clair que le parti d'Epinay a vécu. Nous avons besoin de fonctionner différemment. Par ailleurs, faisons un constat : le PS ne peut compter aujourd'hui que sur ses propres forces. Il n'a pas d'alliés à droite et au centre possibles, et d'ailleurs il ne les recherche pas. Il n'a pas non plus d'alliés vers la gauche qui permettent de constituer une force politique réelle, hormis des alliances électorales. Fondamentalement, c'est du PS que doit venir une régénération qui permettra l'alternative à Nicolas sarkozy.

LCI.fr - Mais Vincent Peillon a proposé dernièrement un contrat de gouvernement avec François Bayrou...

Dans la motion, les choses sont dites de manière à lever toute ambiguïté. Il ne doit y avoir de la part du "PS nouveau" aucun sectarisme. Il doit être prêt à travailler avec tous ceux qui veulent préparer l'alternative à la droite. Mais précisons les choses : ce ne sont pas des accords d'appareils qui permettront de préparer l'avenir, c'est une double modernisation.

Une modernisation du projet politique que l'on n'a pas à concéder à qui que ce soit, et encore moins au centre. Et puis une modernisation du parti qui doit se montrer plus ouvert et plus démocratique. Ainsi, il pourra accueillir beaucoup plus de personnes qui, sans être forcément socialistes, pourront se retrouver pour construire quelque chose de nouveau. Mais j'exprime là ma conviction personnelle car si je rejoins cette motion, c'est en gardant ma totale liberté d'expression et d'opinion.

LCI.fr - Ségolène Royal doit-elle in fine prendre la tête du parti ?

On ne peut pas préjuger de ce que sera la situation dans quelques semaines. La question est la suivante : quelle sera la motion qui va arriver en tête ?  De deux choses l'une : ou bien une motion remporte la majorité absolue et la logique est que son ou sa candidate devienne premier secrétaire. Ce serait une bonne surprise.  

Ou bien aucune motion ne remporte la majorité absolue, alors il ne faut pas d'alliance autour d'une synthèse dont François Hollande s'est fait le spécialiste. C'est autour du premier secrétaire choisi par les militants que devra s'organiser la majorité du parti. Ce sont les militants qui doivent garder la maîtrise des choses à chaque étape, sinon ce serait un scandale.

LCI.fr - Certains amis du maire de Paris auraient aimé avoir votre soutien. Que pensez-vous de sa motion ?

J'ai beaucoup d'estime et de sympathie pour Bertrand Delanoë. Il aurait été d'ailleurs souhaitable que lui et Ségolène Royal s'entendent car leur ligne politique est assez proche. Si l'un et l'autre reportaient à plus tard le choix du candidat à la présidentielle, ce serait une base de compromis futur possible.

Mais si je n'ai pas rejoint la motion de Bertrand Delanoë, c'est que je ne peux pas me retrouver sur la même motion que la direction actuelle du PS dont je combats la stratégie depuis 18 mois car elle empêche la rénovation. .

LCI.fr - Regrettez-vous le choix de Pierre Moscovici ?

L'opinion ne comprend pas que Pierre Moscovici et d'autres aient donné le sentiment de privilégier la négociation interne à une ligne politique claire. Dans le débat politique, il faut marquer clairement des positions et s'y tenir, quelles que soient les conséquences à court terme. Le PS a besoin d'un débat franc et ouvert et non pas de choix tactiques.

L'idéal aurait été qu'autour de Pierre Moscovici puisse se fédérer tous ceux qui incarnent la relève. Cela n'a pas été possible. Donc je crois que la plupart d'entre eux sont plutôt maintenant du côté de Ségolène Royal.  On y retrouve de nombreux jeunes parlementaires et d'autres qui peuvent présenter une relève car ils n'ont pas occupé de poste de responsabilité jusque là.

Ségolène Royal veut incarner une démarche politique plutôt qu'une démarche de soutien à  telle ou telle personnalité.  Quand je vois les arrangements qui s'opèrent ici et là, je continue à penser qu'aujourd'hui, elle est la seule qui s'exprime d'une manière claire et nette. Elle le fait sans concession donc elle reste une valeur forte pour le PS.

Commentaires

merci de vos analyses .
en vous lisant, je ne vais peut être pas déchirer ma carte du PS. C'était ma décision après le congrès.
Bonne chance
on vous suit

Ecrit par : michel Duteil | 10.12.2008

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